Mercredi 09 octobre 2019

Speakeasy présente:

Plus question de perdre son putain de temps ! À peine un instant pour reprendre son souffle et “Future Dust” rue dans les brancards, emmené par le premier single “Mother” cette carte de visite menaçante. Ce sublime deuxième album des Amazons, ô combien explosif et anticipé de la part des rockeurs de Reading (proche de Londres), suit un premier album éponyme propulsé dans le Top 10 il y a moins de deux ans de cela, avec son lot de surprises sinistres que personne n’avait vu venir. Dix titres monstrueux qui composent “Future Dust”, un album qui refonde le sombre passé rock dans le courant actuel, tout en prenant son pied. Des grooves blues libérés, des références religieuses et des choeurs en falsetto nourrissent les chansons qui traitent aussi bien des difficultés liées à l’utilisation des réseaux sociaux, que des troubles de l’alimentation ou de la dépression, sans jamais perdre sa capacité à vous faire chantonner les mélodies au passage.
“Nous recherchions un son plus lourd et nous l’avons trouvé en explorant la musique soul”, explique le chanteur Matt Thomson. “En partant de Led Zeppelin, nous avons découvert Howlin’ Wolf et nous nous sommes plongés dans sa discographie. J’ai lu Hellfire, la biographie de Jerry Lee Lewis, et suis tombé amoureux du discours biblique utilisé pour décrire sa “musique diabolique.”
“Ce sont les histoires, tout autant que les chansons, que nous adorons. Jouer du boogie-woogie au piano dans des clubs sordides semble assez anodin aujourd’hui, mais à l’époque les nerfs étaient à vif, c’était dangereux. Nous voulions capturer toute cette essence avec un son plus sale, téméraire et sexy.”
Les deux années passées sur les routes en tournée, auront achevé de convaincre le quatuor – formé des potes d’école Matt, du guitariste Chris Alderton et du bassiste Elliott Briggs, avec le batteur Joe Emmett originaire de Totnes – que leur second album se devait de boxer dans une catégorie supérieure.
“Nos influences avaient déjà commencé à évoluer au moment de la sortie du premier album” confie Joe. “Les derniers titres enregistrés, “Black Magic” et “In My Mind” étaient plus chargés que les premiers singles. Et il se trouve que nous prenions aussi plus de plaisir à jouer ces titres-là sur scène.”
“Nous avons pris conscience que nous étions vraiment un groupe de rock” livre Matt. “Ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus cool en ce moment, ou ce qui rapporte des millions, mais c’est ce qui marche pour nous quatre”.
L’ascension des Amazons a été si rapide que le groupe a eu à peine le temps de penser au son qui leur était propre. Formé en 2014, le groupe a été signé l’année suivante, récoltant rapidement des critiques élogieuses vantant la férocité de ses performances sur scène. Le premier album, enregistré dans l’ouest de Londres, est plébiscité par de nombreux médias, d’Apple Music à Amazon en passant par Kerrang et Q, avant d’être sélectionné dans le sondage BBC Sound Of et d’être joué sur Radio X et BBC Radio 1. La semaine de sa sortie en mai 2017, The Amazons était classé No. 8 dans le top album au Royaume-Uni.
La tournée mondiale qui s’en suit a tenu le groupe occupé jusqu’au printemps dernier, avec l’inévitable retour à Reading augurant un moment de panique : Avec le studio réservé pour octobre, le groupe n’avait toujours pas écrit de nouvelles chansons. À la place, les membres ont décidé de concentrer leurs efforts sur un Ep live, “Come The Fire, Come The Evening” sorti l’été dernier. Un succès, une distraction qui s’est révélée être un effort salvateur.
“On s’en voulait d’avoir tout laissé à la dernière minute”, explique Matt, “mais plutôt que de composer, nous avons écouté d’anciens albums live de Led Zep, Bob Dylan ou des Yardbirds, faisant semblant d’être occupés par l’EP. Nous adorions le côté dépouillé des enregistrements et c’est ce qui nous a ramené au blues.”
Matt a également revisité ses anciens carnets, sur lesquels il a trouvé le riff à la base du titre “Mother”. “Ce riff date peut-être de quatre ans, mais il n’était pas en phase avec les chansons que nous écrivions à l’époque” poursuit Matt. “En le parcourant de nouveau, c’était évident à quel point nous avions changé en tant que groupe. Au delà du fait que nous sommes devenus de meilleurs musiciens, nous avons une idée plus claire de comment nous voulons sonner et ce que nous voulons écrire.”
À l’image de “Friends wanna kill me”, ces premiers mots inoubliables de “Mother”, prononcés plus d’une minute après l’entame de cette chanson monstrueusement sexy et récemment mis en avant par Annie Mac dans sa sélection Hottest Record in the World.
“L’intention initiale de la chanson “Mother” était de chercher le pardon, mais au final il s’agissait plus de défiance”, explique Matt. “Comme beaucoup de jeunes, nous faisons des erreurs, ce qui ne change rien au fait que nous pouvons nous considérer comme de bonnes personnes. Mais avec les réseaux sociaux, il n’y a pas de seconde chance. Cela devient rapidement une chasse aux sorcières. Si tu veux me juger juste pour mes faiblesses, va te faire foutre. Finalement, la seule personne à qui je rends des comptes c’est ma mère, et elle m’accepte comme je suis. »
“Mother” et le tumultueux “End Of Wonder” propulsé par ses batteries, qui traite de l’essor sous-médiatisé des troubles de l’alimentation, notamment chez les jeunes, permettent d’accéder à cet album par des thèmes contemporains, contrastant délibérément avec l’inspiration musicale – une chanson intitulée “Grinnin In Your Face” par le chanteur blues originaire du delta du Mississippi, Son House. “Sur ce titre, il ne fait que chanter et tapper des mains, mais c’est tellement puissant”, livre Joe. “Ces deux titres étaient très bluesy et sobres au départ, l’idée étant de garder ce côté intime même en ajoutant les touches finales”. “End of Wonder” part de battements de pieds et de claquements de mains typiquement Nouvelle-Orléans, qui restent la touche dominante du morceau. C’était vraiment un cauchemar d’arriver à intégrer les claquements au mixage”.
Avec l’album en cours de réalisation et le soleil à la fête cet été-là, The Amazons ont troqué leur studio de répétition sans fenêtres situé au milieu d’un centre industriel de Reading pour une cabane en bois au milieu d’une ancienne commune hippy de Swansea au Pays de Galles. “Certaines décisions radicales s’imposaient afin de terminer dans les délais” explique Matt. “La première chose était d’éteindre nos portables. Sans téléphone, nous étions plus concentrés et créatifs. C’est fou à quel point on est plus heureux sans”.
Une certaine routine commençait à s’installer pour les quatre protagonistes, une faite d’après-midi sur la plage, de visites des caves voisines – voire la pochette saisissante de “Future Dust” – et de soirées passées à boire du whisky, jouer aux cartes avec des classiques de Fleetwood Mac ou des Stones en fond sonore, avant de passer toute la nuit à travailler avec les quelques instruments qu’ils avaient emmenés. En l’espace de deux semaines, l’album était bouclé, avec notamment le brûlant second single “Doubt it”. “Nous avons écrit “Doubt It” un soir après avoir écouté du T. Rex” précise Joe. “Le titre est assez amusant et capte parfaitement l’esprit d’aventure qui nous animait. On se retrouve à faire plein de choeurs en falsetto. On chante beaucoup plus ensemble sur cet album, sur quasiment tous les titres d’ailleurs.”
“Doubt It” évoque cette aventure amoureuse, ou comme Matt le décrit de manière plus crue : “Ça parle de ce moment clé, où les choses se concluent ou pas, si vous voyez ce que je veux dire. C’est assez sobre et sinistre, jusqu’à ce que les choeurs entrent en jeu. Je suis impatient d’entendre les gars l’interpréter sur scène”.
Après avoir enregistré les maquettes de “Future Dust” à Reading, The Amazons sont retournés au Pays de Galles pour enregistrer aux studios Monnow Valley avec leur amie Catherine Marks, consacrée Producteur de l’année en 2018 (Wolf Alice, The Wombats, PJ Harvey) et déjà à la baguette sur leur premier album.
Au cours de ces trois semaines assez épiques, la partenaire de Joe a donné naissance à des jumeaux et Chris s’est coupé le bout de son index en épluchant des oignons, ce qui l’a poussé à trouver une nouvelle façon de jouer ses parties de guitare. Et bien sûr il y a eu quelques grosses engueulades, beaucoup même.
“Nous étions tous stressés, surtout Joe qui était maintenant un jeune père, mais principalement car nous étions fortement impliqués dans cet album” confie Matt. “Nous nous livrions corps et âmes dans les chansons. Et Catherine nous poussait à nous dépasser tout le temps. Alors que sur le premier elle nous intimait : “faites ce que vous savez faire, exprimez-vous”, sur celui-là, il fallait donner plus.”
Comme toujours, les textes sont arrivés sur la fin, bien que les thèmes aient été abordés pendant leur retraite balnéaire, notamment les conséquences de cette époque hyper-connectée sur notre santé mentale. “On se sent vraiment mal à force d’être sur son téléphone sans arrêt,” avoue Matt. “Nous ne sommes pas un groupe engagé, et je n’ai jamais senti le besoin de m’exprimer sur des thèmes plus globaux, mais celui-là me touche énormément. Dans beaucoup de cas, mes relations existent via mon téléphone. Je suis sur les réseaux sociaux. Toutes les paroles découlent de mes expériences personnelles, mais elles trouvent un écho dans le monde global”.
“Dark Vision” titre tapageur qui traite de dépression, comme “Warning Sign” et ses accents blues, sont des mains tendues à un ami qui court à sa propre chute, alors que le glorieux “Fuzzy Tree” évoque ces mots lancés sans réfléchir à votre partenaire alors qu’il est trop tard pour faire marche arrière. “Il n’y a pas beaucoup de chansons d’amour” remarque Matt. “La plupart traite d’échecs. Ou de moments confus. J’ai écrit “25” deux mois avant d’atteindre mes 25 ans, afin d’essayer de comprendre où j’en étais de la vie. Le morceau exprime cet état perdu dans lequel je me trouve constamment, comme toute personne de mon âge. Sommes-nous tous narcissiques ou sommes-nous juste vraiment toujours à l’affut, sous tension ?”
“25” apparait sur “Future Dust” sous deux formes très différentes. La première version effrénée, menée tambours battants s’inspire de “Lust For Life” d’Iggy Pop. La seconde qui s’ouvre avec des notes merveilleuses jouées sur un orgue à soufflerie trouvé à Monnow Valley lors de la dernière nuit du groupe en studio, met la chanson à nu et l’agrémente de nouvelles paroles au ton plus optimiste.
Le majestueux “All Over Town”, bras tournés vers le ciel, évoque les parades romantiques des temps modernes. “C’est assez démoralisant” explique Matt. “Quand j’ai un rendez-vous, j’ai l’impression que tout le monde, moi y compris, cherche toujours quelque chose de mieux, la perle rare. Quand mes parents se sont rencontrés, ils n’étaient pas submergés de photos des gens les plus beaux sur leur téléphone au quotidien. Pourquoi n’arrivons-nous pas à nous focaliser sur ce qu’il y a devant nous? C’est la question qu’il faut se poser.”
“Je n’apporte aucune solution, je n’en ai pas, mais je parle des soucis qui m’affectent moi et mes proches, raison pour laquelle je les aborde ici. L’enseignement de cet album, c’est de savoir éteindre son portable par moment. Oh et bien sûr qu’il est possible d’être totalement mauvais aux claquements de mains. C’est fou non ?”

▬ ■ DATE & LIEU ■ ▬

Mercredi 09 Octobre 2019
Le Gibus
18 Rue du Faubourg du Temple
75011 – Paris
Métro République (Lignes 3 – 5 – 8 – 9 – 11)

▬ ■ TARIFS BAR ■ ▬

• Soft: 3,50€
• Bière 25cl: 3,50€
• Bière 50cl: 5,00€
• Hard + Soft: 7,00€

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► RESTAURATION/CONSOS :
Bar sur place.
Restauration à proximité de la salle : McDonald’s, restaurants…

► ACCÈS :
Le GIBUS LIVE (18, rue du Faubourg du Temple 75011 PARIS)
Métro 3, 5, 8, 9, 11 : République
Bus RATP : 20, 56, 65, 75
Noctilien : N01, N02, N12, N23, N141, N142
Plan d’accès (2 minutes à pied) : http://tinyurl.com/accesgibuslive